La municipalité du Chenit a déposé dans les délais un recours contre la décision du Tribunal cantonal du (CDAP). Elle Justifie sa démarche en prétendant notamment que ce jugement a été établi pour des raisons formelles.
Le jugement ne s’arrête pas qu’aux questions de procédures
Nous rappelons quant à nous que la CDAP ne s’est pas arrêtée aux seules questions de procédure. Elle a relevé dans son jugement que les arguments évoqués par les parties recourantes – la protection du paysage et de la biodiversité – ne peuvent être minimisés ou écartés. Plus précisément :
Les conditions imposées par l’Office fédéral de l’environnement n’étaient pas réunies pour autoriser le défrichement.
Celles qui étaient nécessaires au déclassement de la zone de l’inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels (IFP) non plus.
Suisse Eole aime bien montrer que l’éolien progresse et que des records sont battus régulièrement. C’est son job et elle est payée pour ça. Il est vrai que deux records ont été battus en 2020 dans le (tout) petit monde de l’éolien.
Un record bien misérable et des déclarations tonitruantes
Dans un récent communiqué, Suisse Eole s’est gargarisée bruyamment des exploits réalisés en 2020 par les quelques dizaines d’éoliennes péniblement installées en Suisse. Rendez-vous compte : 14% de production de plus que prévu, soit en tout 146 GWh (dont 116 GWh subventionnés). Bravo ! Il est vrai que si l’on ajoute 14% à pas grand-chose comme le montre la bande bleu clair du tableau SRI ci-dessous*, le résultat reste pas grand-chose.
Mais soyons fairplay : c’est quand même une progression .
Renouvelables suisses produits d’octobre 2018 à décembre 2020 (SRI Pronovo AG)
* ce tableau SRI ne tient compte que des renouvelables subventionnés, le nucléaire et les importations sont exclus.
Un autre record, plus spectaculaire, mais un mutisme révélateur
Ce que Suisse Eole ne claironne pas en revanche, c’est qu’un autre record a été battu en 2020. La proportion des subventions accordées à la production éolienne atteint des sommets inégalés. Le tableau ci-dessous est également tiré des rapports SRI porte sur les subventions accordées.
Il montre que l’électricité produite en 2020 par les éoliennes a été subventionnée à une hauteur moyenne de plus de 97 %. Allez, encore un petit effort et l’on sera à 100% !
Cela signifie que le résultat de la vente de l’électricité ainsi produite sur le marché n’aura été que de 3 % de la valeur payée à nos chers promoteurs.
L’éolien ne sera jamais rentable
La raison est la faiblesse chronique des prix du marché européen. Lorsque les éoliennes fonctionnent, car en Europe le régime des vents est relativement homogène, elles fonctionnent pratiquement toutes en même temps. Donc surproduction, donc baisse de la valeur qu’il faut bien compenser par des subventions puisque les contrats assurent aux promoteurs un revenu du KWh fixe.
L’art de payer deux fois son électricité
Et c’est là que l’on touche au sublime. Car les citoyens, en tant que consommateurs de courant paient leur facture d’électricité à leur distributeurs au prix fort. Et dans la foulée, par le truchement de la taxe sur les énergies renouvelables qui s’ajoute à ladite facture, ils alimentent les subventions à l’éolien. Pour faire bon poids, ajoutons que avec leurs impôts, les citoyens suisses financent aussi Suisse Eole dont les trois quart du budget sont payés par l’Office fédéral de l’énergie.
Les autorités vaudoises ne peuvent pas prétendre protéger le paysage et la biodiversité d’une main et les détruire de l’autre. Elles ne peuvent pas non plus négliger les habitants directement concernés, sous prétexte qu’ils sont sur territoire français.
Photomontage des sept éoliennes de la Vallée de Joux vues depuis le Chenit
Le projet de sept éoliennes aurait porté directement atteinte à un site d’importance nationale (IFP) pour le paysage et la faune.
Mépris de nos voisins français
Il aurait aussi été à proximité immédiate du village français de Bois-d’Amont dont les craintes des habitants ont fait l’objet d’un mépris total tout au long de la procédure.
La protection de l’environnement a gagné
L’Inventaire fédéral de la protection du paysage (IFP) l’a emporté pour protéger les vastes pâturages boisés situés à l’ouest du col du Marchairuz, sur la commune du Chenit. Les espaces typiques des Grands Plats de Vent et de Bise devraient rester paisibles et préservés, au cœur des massifs forestiers et du site IFP protégé de la Vallée de Joux et Haut-Jura vaudois. De plus, une bonne partie de cette zone est située dans la zone de protection du District franc fédéral où la chasse est interdite. La protection du grand tétras est l’une des priorités, d’où la nécessité d’y limiter les atteintes et les dérangements au maximum. Des concentrations exceptionnelles de chauves-souris y sont également observées chaque été.
La CDAP ne s’est pas arrêtée aux seules questions de procédure. Elle a relevé dans son jugement que les arguments évoqués par les parties recourantes – la protection du paysage et de la biodiversité – ne peuvent être minimisés ou écartés.
Les associations espèrent vivement que cette région du Jura vaudois sera préservée et que les autorités sauront enfin admettre son intérêt d’importance nationale pour le paysage et la biodiversité.
Le Matin Dimanche est le poids lourd de la presse dominicale romande. Il met le doigt sur les secrets qui entourent la préparation « politique » des parcs éoliens, en l’occurrence ceux du canton de Fribourg. Dans un article du 7 mars 2021, il relève un « problème de transparence en cascade » dans lequel le Groupe E et sa filiale Greenwatt SA se sont pris les pieds.
Plusieurs conventions secrètes impliquant le Groupe E et les exécutifs des communes concernées ont été établies, des années avant que les projets soient rendus publics par le truchement du plan directeur cantonal. Par ces conventions, signées sans que leurs législatifs aient eu à se prononcer, les communes s’engagent à collaborer activement, politiquement et pratiquement à la réalisation des parcs éoliens. Des exécutifs ayant d’abord nié ces faits et refusé les informations demandées à leur sujet, c’est un véritable scandale qui a éclaté il y a quelques jours dans le canton. Il révèle la puissance d’un lobby éolien qui n’hésite pas, une fois de plus, à piétiner les règles du jeu démocratique.
Des pratiques généralisées depuis des années
Seuls les politiques qui ignorent tout de la question éolienne peuvent être vraiment surpris par ce type de magouilles. Les autres ne font que semblant de l’être. Ces conventions qui sont quasiment systématiques dans les projets éoliens lient étroitement les communes signataires au promoteur avec souvent des clauses de pénalités. Elles sont dans les gênes des promoteurs éoliens et font partie intégrante de l’arsenal marketing qu’ils utilisent depuis toujours un peu partout dans le monde. Mais leur révélation a déjà fait capoter ou mis en difficulté plusieurs projets éoliens.
Le sommet de l’iceberg
C’est le sommet de l’iceberg. Rien que dans le canton de Vaud on peut notamment parler de Villars-le-Terroir, Bavois et aujourd’hui Ste-Croix où une convention signée par la commune avec Romande Energie commence à faire débat, grâce à un certain Michel Bühler…
Examen de l’effet des infrasons sur des cellules cardiaques à l’université de Mayence (D)
Aveuglement des autorités
Les effets des éoliennes sur la santé sont occultés par le lobby éolien. En Suisse, l’Office fédéral de l’énergie, Suisse Eole et les autres claironnent leurs certitudes : pas de danger ! Ils s’appuient sur une législation obsolète qui date de plusieurs dizaines d’années.
Trop facile, il y a encore heureusement très peu d’éoliennes et celles-ci sont rarement près des maisons. A à St-Brais (JU), des habitants en souffrent depuis des années sans que la moindre compassion soit exprimée par les autorités. Les témoignages sont donc encore rares parce qu’il y a peu de gens pour témoigner. Et c’est tant mieux !
Les preuves s’accumulent
C’est une tout autre chanson en France et en Allemagne. Cette récente émission d’ARTE réalisée en Allemagne fait un carton https://www.arte.tv/fr/videos/093002-030-A/xenius-energie-eolienne-la-controverse/ Nous publions un extrait de cette émission se concentre sur les infrasons que la recherche scientifique allemande commence à stigmatiser. Vous pouvez le télécharger en cliquant sur la vidéo ci-dessous.
Les résultats sont consternants : oui, les infrasons ont des effets mécaniques néfastes sur les cellules des tissus humains !
Des écologistes reconnaissent les nuisances éoliennes
Ce qui est remarquable est que ce film est animé par des écologistes des villes (les mêmes que chez nous) qui avouent mettre pour la première fois leur pieds dans des parcs éoliens. Ils reconnaissent candidement qu’en tant que citadins, ils ne pourraient pas supporter de telles nuisances, mais que « il faudra bien s’y faire si l’on veut réaliser la fameuse Energiewende ». Du moment que ce ne sont pas eux qui en font les frais, on les comprend très bien. On comprend aussi mieux ce qui se passe actuellement dans le débat politique helvétique où les écologistes des villes se moquent pas mal des écologistes des champs.
Mais quand donc nos autorités et nos médias cesseront ils de faire la sourde oreille et de s’enfoncer la tête dans le sable ?
Ces chiffres de janvier 2021 en provenance d’Allemagne sont éclairants. Dans les périodes de grande production de renouvelable (en jaune ici), les prix du marché (ligne bleue) descendent jusqu’à être négatifs autour du 21.01.21. Cela signifie que les subventions ont servi à produire une électricité que l’Allemagne a dû payer pour l’écouler.
Source : Fraunhofer Energy Charts 2021
Le régime des vents européens est souvent uniforme
Cette absurdité est due à la cohérence du régime des vents terrestres européens. Comme presque toutes les éoliennes produisent en même temps, plus la production est grande, plus l’offre dépasse la demande et plus les prix baissent. On peut donc multiplier leur nombre à l’infini, cela ne change rien. Quand il n’y a pas de vent, l’électricité vaut cher mais les éoliennes n’en produisent pas. Et quand les éoliennes produisent beaucoup, l’électricité ne vaut presque plus rien.
Une électricité jusqu’à huit fois les prix du marché
Pendant ce temps, en Suisse (tableau ci-dessous), les subventions vont jusqu’à représenter 87.9% de la rétribution globale des producteurs en 2019. C’est huit fois les prix du marché !
Des centrales hydrauliques arrêtées au profit des éoliennes
Comble de l’imposture, il arrive que des centrales hydrauliques au fil de l’eau (par ailleurs totalement propres) reçoivent l’ordre de cesser leur production pendant un certain temps. C’est pour laisser produire les éoliennes. Ces centrales ne sont pas conçues pour produire de façon intermittente car les arrêts et les démarrages alternés usent fortement les installations mécaniques.
Lors de sa diffusion le jeudi 3 décembre 2020, « Temps Présent » a fait fort en traitant la question des éoliennes avec un titre qui était déjà prometteur :Eoliennes et si on nous vendait du vent ?
Une fois n’est pas coutume, nous pouvons être contents de nos médias de service public. La télévision RTS un a diffusé jeudi 3 décembre 2020 un reportage équilibré dans « Temps Présent ». Il pose les bonnes questions sur les aspects économiques de l’éolien.
Visionner l’émission en cliquant sur l’image ci-dessous.
Ce reportage réussi est le résultat du long travail que nous menons pour informer les médias. Les belles promesses des promoteurs et les arguments discutables de Suisse Eole commencent à se fissurer. Avec ce reportage, nous constatons également que nos visualisations de projets éoliens sont reconnues pour leur sérieux et leur force de frappe. Là aussi, c’est un énorme travail qui porte ses fruits. Pour rappel, voici le lien vers cette vidéo des projets EolJorat Sud et EolJorat Nord sur les hauts de Lausanne.
https://youtu.be/xyhE-0utO-Y
Il faut se rappeler que si les films ont pu être réalisés, c’est avant tout grâce à Elias Meier, notre président suisse qui en a développé le logiciel et qui a en fait la réalisation technique et le montage. Mais c’est également grâce aux associations locales qui les ont financés pour la quasi-totalité d’entre elles.
L’influence négative des infrasons émis par les éoliennes sur la santé des riverains est une problématique totalement occultée par les éoliens. De son côté, l’Ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit (OPB) qui date de 1986 ne traite tout simplement pas des infrasons.
Une étude du physicien suisse Jean-Bernard Jeanneret (septembre 2020) remet les pendules à l’heure en décrivant enfin les mécanismes physiques qui peuvent provoquer de graves malaises aux humains et animaux.
Cette étude propose une analyse scientifique des origines des troubles de santé dont de nombreux riverains de parcs éoliens se plaignent et que la science et les autorités sanitaires ne sont pas encore parvenus à expliquer. Elle explique notamment que les infrasons se propagent non seulement dans l’air mais surtout dans le sous-sol et décrit de façons détaillée les phénomènes que cela entraîne. L’étude Jeanneret montre que si leur volume (dB) est trop important, ils deviennent audibles et peuvent être ressentis très douloureusement par ceux qui les subissent. Ce phénomène se produit notamment dans des locaux fermés, bénéficiant d’une petite ouverture laissant entrer les infrasons qui provoquent alors un effet de résonance pouvant les multiplier par 10 ou plus !
Importance de la composition du sous-sol
Une analyse approfondie de la composition du sous-sol est déterminante dans le cadre de la planification d’un parc éolien, car c’est surtout par ce biais que se diffusent les infrasons les plus dangereux pour les humains et les animaux.
Etude finlandaise contestée
La faiblesse de ses connaissances en matière d’infrasons permet à Suisse Eole de se réfugier derrière une étude finlandaise (par ailleurs contestée par Jean-Bernard Jeanneret) pour affirmer que ceux qui se plaignaient de l’effet des éoliennes sur leur santé le devait à leur psychique plutôt qu’à leur physique. On parle à ce sujet de l’effet Nocebo, le contraire de l’effet Placebo.
Dans sa séance du mardi 23 juin 2020, le Conseil communal de Froideville a voté une motion qui impose un moratoire de10 ans et contraint la Municipalité à s’opposer à toute construction d’éoliennes sur les territoires des communes voisines qui pourraient avoir un impact sur la commune.Le parc éolien de EolJorat est ainsi fortement compromis puisqu’avec seulement trois éoliennes sur quatre, il y a peu de chances qu’il atteigne la production minimale de 20 GWh par an, exigée par la Confédération.
Les éoliennes d’EolJorat-Sud vues depuis Froideville – cliquer pour voir la vidéo
Comme à La Praz en 2018 ou à Villars-le-Terroir en 2017, la révolte contre les éoliennes ne vient pas des associations d’opposants structurées comme Queduvent ou la faîtière vaudoise Paysage-Libre Vaud qui mènent des campagnes d’information depuis plusieurs années contre les projets du Gros-de-Vaud. Ce sont ici des membres du Conseil communal qui ont préparé et fait accepter cette motion acceptée à une large majorité de 27 oui contre 4 non ainsi qu’un certain nombre d’abstentions.
Dès lors, la commune de Froideville étant bien obligée de se retirer du projet des quatre éoliennes prévues, les trois qui restent auront de la peine à atteindre ensemble la production annuelle de 20 GWh exigée par la Confédération. Le projet EolJorat-Nord est donc fortement compromis. Par ailleurs, à part Poliez-Pittet, les autres communes ne semblent pas particulièrement motivées par le projet mal ficelé d’Alpiq et des ingénieurs KohleNusbaumer dont la précision de certains calculs n’est pas le point fort.
De plus, les autorités de Froideville seront contraintes de s’opposer à la construction des éoliennes des projets environnants qui pourraient avoir un impact sur les habitants du village. Cela concerne évidemment EolJorat-Sud qui est actuellement en procédure au Tribunal fédéral mais qui, même en cas d’acceptation par ce dernier, devrait encore mettre à l’enquête de construction ses huit éoliennes dont au moins quatre d’entre elles sont visibles de Froideville.
Le Conseil d’Etat a présenté le 24 juin 2020 son « Plan Climat ». Celui-ci a le mérite de démonter une cohésion certaine des membres dudit Conseil quant aux mesures à prendre et se drape de réalisme et d’un pragmatisme de bon aloi. Précisément, pour ce qui nous concerne, ce pragmatisme semble bien s’étendre à la question des éoliennes qui ne sont évoquées que du bout des lèvres. Un bref passage précise que le plan initial n’est pas changé : obtenir une production de 600 GW/h d’énergie éolienne en 2050 alors qu’il n’y a toujours aucun KW/h produit à ce jour dans le canton avec cette énergie importée, contestable et coûteuse (voir page 3/6). On peut même ajouter la prudence à ce pragmatisme puisque l’on ne discerne pas la moindre éolienne dans l’image de couverture du « Plan Climat » (voir illustration attachée). Si après la Confédération, le canton de Vaud lui-même oublie les éoliennes, c’est qu’il n’y croit plus : hélas, quelques projets passeront peut-être, puis on espère que ce sera terminé.
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