Pour la première fois à notre connaissance, un grand groupe énergétique remet en question la stratégie énergétique 2050. Certes, sans le dire expressément mais le fond y est.
Réalisme et courage
Lors d’une récente conférence, son nouveau directeur général Alain Sapin a reconnu publiquement l’échec des éoliennes dans le canton de Fribourg. Il a relevé surtout les risques d’approvisionnements énergétiques qu’induit la politique de systématisation du recours aux renouvelables (intermittents ndlr).
Il lui a fallu un réalisme et un courage auxquels nous n’étions plus habitués depuis des années. Nous ne pouvons que nous en réjouir.
La roue tourne ?
Dans la foulée des récents propos du Conseiller fédéral Roesti, il juge que le recours au nucléaire sera incontournable pour réaliser les objectifs climatiques fédéraux. On peut être sûr que ce n’est qu’un début.
Les électeurs de Beinwil (AG) viennent d’envoyer un signal fort et réjouissant en rejetant clairement (62%) le projet de parc éolien de trois éoliennes géantes de 230m sur le Lindenberg. Ce parc de seulement trois éoliennes était censé produire plus que celui de Ste-Croix avec ses six éoliennes.
Priorité à la nature et à la qualité de vie
Cette décision est une étape importante pour la préservation du Lindenberg en tant que précieuse zone de loisirs de proximité – et un signal fort. Le Lindenberg reste un lieu de vie pour les humains et les animaux, un paysage identitaire et un lieu de force pour les générations futures. La population a fait preuve de voyance et de responsabilité – et ne s’est pas laissé éblouir par des promesses financières à court terme.
Paysage-Libre Vaud adresse ses vives félicitations à ses collègues de la section AGLU qui se sont engagés avec passion pendant des années pour la protection du Lindenberg.
Les battus revanchards et antidémocratiques
Les promoteurs et le lobby éolien local (Pro Wind Aargau) outrés de ce camouflet totalement imprévu prétendent que les citoyens n’étaient pas vraiment au courant des enjeux (tiens donc, comme à La Praz en 2018). Ils se fichent de la démocratie et parlent déjà d’une loi permettant d’enlever le droit de se prononcer aux communes concernées par les parcs éoliens argoviens. C’est déjà le cas dans plusieurs cantons dont… celui de Lucerne, leur voisin immédiat. Voir à ce sujet de Communiqué de pressede Paysage Libre Suisse
Nos initiatives sont le seul rempart à ces destructions du paysage et de la démocratie
Raison de plus pour se préparer activement à remporter les votations sur nos initiatives prévues en 2027 qui précisément, obligent à consulter non seulement les communes territoriales mais également celles, voisines, qui peuvent être directement concernées par les nuisances.
Un mois à peine après l’aboutissement des initiatives pour la protection des forêts et pour la protection des communes, le Conseil fédéral a décidé hier de les rejeter sans contre-projet et a publié un communiqué de presse
Une décision prémâchée et prise à la hâte
Si cette décision n’est pas une surprise en soi (la majorité des initiatives populaires sont rejetées par le Conseil fédéral), on peut être surpris, d’une part, par le peu de temps qui s’est écoulé depuis l’aboutissement de ces initiatives et qui n’a guère permis une réflexion approfondie sur leurs objectifs et, d’autre part, par les arguments difficilement compréhensibles qui ont été avancés pour justifier ce rejet. On y voit facilement la marque de Suisse Eole et de l’OFEN.
Sécurité d’approvisionnement compromise ?
Le communiqué de presse affirme que les initiatives affaibliraient la sécurité d’approvisionnement, ce qui est inexact pour plusieurs raisons :
Les initiatives de Paysage Libre Suisse n’empêcheront pas la construction de nouvelles éoliennes. Comme naguère à Rothenthurm, celles-ci veulent uniquement établir des règles contraignantes afin de protéger des intérêts légitimes lors du développement prévu de l’énergie éolienne, notamment nos forêts en tant qu’écosystèmes précieux et refuge de la biodiversité, ainsi que la participation de la population concernée.
Une étude publiée par l’OFEN en 2022 estime le potentiel éolien en dehors des forêts à 15 TWh, soit près de 25% de la consommation actuelle d’électricité en Suisse. Il existe donc également un potentiel suffisant pour construire des éoliennes en dehors des forêts. Il n’est donc pas question d’une interdiction de fait de la technologie, comme l’affirme le communiqué de presse du Conseil fédéral !
En 2024, la consommation nationale d’électricité était de 61,8 GWh pour une production de 76,2 GWh [3]. L’année dernière, la Suisse a donc produit 23% d’électricité de plus qu’elle n’en a consommé. Ainsi, avec l’augmentation progressive du photovoltaïque sur les toits et le développement des lacs d’accumulation, la sécurité d’approvisionnement peut être assurée même avec un développement plus modéré de l’énergie éolienne.
Revendication de PLCH déjà prises en compte ?
Le communiqué de presse du Conseil fédéral affirme que la législation en vigueur tient déjà compte des principales revendications des initiatives.
C’est faux pour les raisons suivantes :
Initiative pour la protection des communes
Elle exige que la population de toutes les communes concernées par les éoliennes ait son mot à dire. Mais dans les cantons de Lucerne, Saint-Gall, Schaffhouse, Neuchâtel, Jura, Soleure et Fribourg et bientôt Zurich, les éoliennes peuvent déjà être construites sans l’accord des communes concernées. Aujourd’hui, plus d’un tiers de la population suisse n’a donc pas le droit de s’exprimer sur l’implantation d’éoliennes dans ou à proximité immédiate de sa commune de résidence.
Initiative pour la protection des forêts
Actuellement, les éoliennes en forêt sont possibles partout et sont planifiées par de nombreux cantons, comme l’indique également le communiqué de presse du Conseil fédéral. Dans le canton de Zurich, par exemple, presque tous les projets de parcs se trouvent entièrement ou partiellement dans des forêts parfois très proches de l’état naturel et très précieuses sur le plan écologique. Et dans bien des cas, en raison de la classification « intérêt national » de la majorité des parcs éoliens, il est difficile de faire valoir en justice les intérêts de la protection de la nature face au lobby éolien. L’initiative pour la protection des forêts demande de renoncer à l’implantation d’éoliennes industrielles dans les forêts et à proximité immédiate de celles-ci. Elle ne demande donc rien d’autre qu’une poursuite conséquente de la protection des forêts telle qu’elle est appliquée avec succès en Suisse depuis 1876.
Le sujet sera soumis au parlement en 2026 et la votation devrait avoir lieu en 2027.
Le Canton et la Ville de Lausanne ont sèchement rejeté les centaines d’oppositions aux permis de construire des 8 éoliennes géantes du Chalet-à-Gobet.
Aucun grief pris en considération
Le Canton n’est pas entré en matière sur les nombreux griefs formés par les opposants. Devant ce rejet méprisant, l’association eoleresponsable et la commune de Froideville ont décidé de faire recours séparément auprès du Tribunal cantonal. Paysage-Libre Vaud qui a largement soutenu cette action légitime va continuer à le faire.
Aidez-nous !
Compte tenu des frais qui vont être engagés, vos dons avec la mention EolJorat-Sud sont bienvenus directement sur notre compte à la BCV :
Les promoteurs du Parc situé sur les hauts de Vallorbe, de Vaulion et de Premier sont heureux et confiants : ils ont obtenu du Tribunal fédéral les derniers feux verts à la construction du parc.
…malgré la découverte (à confirmer) d’une faille d’une septantaine de mètres à l’emplacement de l’une des 6 éoliennes.
Il semblerait cependant qu’un très, très gros problème se soit produit au moment d’attaquer les fondations de l’une des machines : une faille d’une septantaine de mètres serait apparue dans le sol karstique et les travaux seraient bloqués. Impossible d’obtenir plus d’information pour l’instant : pas un mot sur le site des promoteurs…
…et malgré l’épée de Damoclès de l’initiative sur la protection des forêts
Il est peut-être utile de rappeler à VO Énergies qu’en cas d’acceptation de l’initiative pour la protection des forêts, tous les parcs construits depuis le 1er mai 2024 qui seraient contraires à l’art 77, al 4 devraient être démantelés aux frais de ceux qui les ont réalisées. Et ce dans un délai de 18 mois à compter de l’acceptation dudit article par le peuple et les cantons. Sur Grati est dans la catégorie visée par cet article. Confiance, confiance !
Pour redonner quelques couleurs à ses revendications éoliennes que de moins en moins de gens prennent au sérieux, Suisse Éole reprend les résultats d’une étude récente qui s’appuie sur le principal mantra de la moribonde stratégie énergétique 2050 :
« l’objectif est de décarboner le système énergétique suisse et de ne plus dépendre du nucléaire ».
Le lobby éolien sort cette fois de sa manche un consortium de recherche suisse de Sweet Edge réunissant des chercheurs de l’EPFL, de l’ETH Zurich, du WSL, des Universités de Genève et de Berne, ainsi que de la ZHAW.
Selon les auteurs de l’étude, il faudrait trouver rien que 45 TWh supplémentaires en énergies renouvelables d’ici 2050 dont 13 TWh rien que pour l’éolien. En termes de puissance installée, cela représenterait un passage des 0.1 GW actuels à 8.4 GW, soit plus de 80 fois plus qu’aujourd’hui. En termes d’éoliennes : 3000 machines (ndlr)! Pour mémoire, la Suisse compte 2121 communes au 1er janvier 2025.
Alors cette fois, si Suisse Éole s’appuie sur un consortium de recherche si prestigieux, cela ne peut être que fiable, sauf que : l’organisation Sweet Edge est un vaste projet de recherche suisse soutenu par le programme SWEET (Swiss Energy Research for the Energy Transition), financé devinez par qui ?
Par l’Office fédéral de l’énergie qui allonge annuellement quelque 30 millions francs !
Vendredi 25 juillet 2025, les deux initiatives fédérales ont été déposées à la Chancellerie fédérale.
Celle qui lutte contre l’implantation d’éoliennes en forêt a recueilli 112’000 signatures validées.
Celle qui lutte pour permettre aux communes concernées de se prononcer en a recueilli 108’000.
Et maintenant, tout commence…
Il va falloir constituer les alliances et réunir les fonds nécessaires pour obtenir la double majorité du peuple et des cantons : pas une mince affaire. Mais lorsque l’on a commencé la récolte des signatures, peu d’entre nous et encore moins nos adversaires, croyaient au fond d’eux-même que le succès serait au rendez-vous. Sans la moindre alliance avec un parti ou une ONG nationale, Paysage Libre Suisse et ses sections régionales ont réussi ce qui semblait être une chimère : réunir bien plus que deux fois 100’000 signatures validées.
Enfin un débat fédéral sur les éoliennes !
Actuellement, les derniers sondages au niveau suisse donnent à peu près une égalité entre les partisans et les opposants aux éoliennes industrielles. Mais la campagne nous a montré à quel point la population suisse ignore tout de la problématique éolienne. Cela donne une marge de progression considérable pour les partisans de la protection du paysage et des droits communaux. Les chances sont réelles. Comme il n’y a jamais eu de campagne au niveau fédéral et seulement quelques uns dans les cantons et, comme l’a dit naïvement Suisse Eole, plus les gens sont informés plus il y a d’opposants à l’industrie éolienne.
Comme à Ste-Croix, il aura fallu des années aux promoteurs pour obtenir le feu vert juridique à la construction du parc de six machines. En confirmant un arrêt du Tribunal cantonal déniant la capacité pour agir dans cette affaire à Paysage-Libre Vaud, Le TF vient de rendre un dernier jugement qui autorise de fait le démarrage des travaux de construction.
Une décision sur la forme plutôt que sur le fond
Nous constatons que le recours est donc rejeté en raison d’une question formelle et que les arguments des opposants ne sont simplement pas été pris en compte.
Menace de démantèlement a posteriori
Rappelons cette initiative pour la protection des forêtsest actuellement en phase de récolte de signatures. Le texte précise des dispositions transitoires drastiques. En effet, les parcs qui ne satisferaient pas aux exigences de distances à la forêt devraient être démantelés rétroactivement s’ils ont été construits après le 1er mai 2024.
Un journaliste qui n’a pas vérifié les sources d’un article diffamatoire
Visiblement fier d’avoir cru prendre Paysage Libre Suisse la main dans le sac, le journaliste Marc Guéniat n’a pas pris soin de vérifier les informations qui lui ont été fournies par Denis Julliard présenté comme patron d’un bureau d’ingénieurs actif dans le renouvelable. S’il l’avait fait, il aurait su que ce « Bernois » était surtout membre du comité de ProEole Berne, une association qui, comme nous n’avons révélé l’an dernier, a été créée avec quelques autres à l’initiative de Suisse Eole pour soutenir et renforcer sa propagande dans les cantons concernés. Il aurait alors compris que l’homme est un pilier de la lutte contre les opposants aux éoliennes et qu’il n’en n’est pas à son coup d’essai.
Comité de ProEole BE
De la part d’un journaliste, c’est déjà ce qui s’appelle une faute professionnelle. Mais s’il a effectivement vérifié ses sources et qu’il n’a pas mentionné ce qui précède, la faute professionnelle de M. Guéniat est encore plus beaucoup plus grave !
Des accusations sans fondement venant tout droit de Suisse Eole
A la lecture de l’article, on comprend en substance que Paysage Libre Suisse (PLCH) cacherait des informations financières majeures et obscures qui plus est, couvertes par un Office fédéral de l’environnement qui, sous la tutelle d’Alber Rösti*, refuse de donner lesdites informations. A tel point que le nommé Denis Julliard poursuit son combat contre l’OFEV jusqu’au Tribunal administratif fédéral. Tout seul ? Bizarre… quel dévouement !
D’autres affirmations fantaisistes citées dans l’article font également sourire : les membres de PLCH n’auraient aucune idée des comptes. Le comité aurait tout pouvoir y compris d’exclure un membre. La majorité de ses membres seraient propriétaires d’un terrain près d’une éolienne et seraient directement concernés, etc.
Toutes affirmations erronées tirées tout droit du… préavis rédigé par Suisse Eole en 2024 lors de la consultation réalisée avant l’octroi du droit de recours national à PLCH. Tiens donc !
*L’affreux Conseiller fédéral UDC, complice des anti-éoliens…
Selon Swiss Energy-Charts, la production éolienne a connu une baisse sensible que seul la prise en compte du parc de Ste-Croix permet de compenser
Record en 2023 !
L’an dernier, le lobby Suisse Eole, ses alliés et ses mercenaires avaient claironné leur satisfaction en présentant les chiffres de la production éolienne de 2023 : 169 GWh ! Un record absolu qui justifiait plus que jamais les efforts en cours pour poursuivre l’expansion éolienne dans notre pays. Malheureusement, selon Swiss Energy-Charts, les chiffres moyens de l’année écoulée sont décevants.
Un autre record en 2024 ?
Néanmoins, Suisse Eole reprend son discours triomphant et affirme qu’un nouveau record a été battu en 2024. Une analyse des chiffres (voir diagramme ci-dessus) montre que la baisse générale de la production a été seulement compensée par la prise en compte du nouveau parc de Ste-Croix avec ses 20.1 GWh produits en 2024.
Sur une production déjà ridicule de 0.2%…
Quelles que soient les sources officielles, quelle soit plus ou moins haute selon les années, la production éolienne n’en est pas moins misérablement anecdotique. En 2024, toujours selon Swiss Energy-Charts, elle n’était que de 0.2% de toute l’électricité produite en Suisse.
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