Le Conseil d’Etat a présenté le 24 juin 2020 son « Plan Climat ». Celui-ci a le mérite de démonter une cohésion certaine des membres dudit Conseil quant aux mesures à prendre et se drape de réalisme et d’un pragmatisme de bon aloi. Précisément, pour ce qui nous concerne, ce pragmatisme semble bien s’étendre à la question des éoliennes qui ne sont évoquées que du bout des lèvres. Un bref passage précise que le plan initial n’est pas changé : obtenir une production de 600 GW/h d’énergie éolienne en 2050 alors qu’il n’y a toujours aucun KW/h produit à ce jour dans le canton avec cette énergie importée, contestable et coûteuse (voir page 3/6). On peut même ajouter la prudence à ce pragmatisme puisque l’on ne discerne pas la moindre éolienne dans l’image de couverture du « Plan Climat » (voir illustration attachée). Si après la Confédération, le canton de Vaud lui-même oublie les éoliennes, c’est qu’il n’y croit plus : hélas, quelques projets passeront peut-être, puis on espère que ce sera terminé.
Dans son émission de dimanche 26 janvier 2020, Mise au point, une des émissions phares de la RTS, a consacré une quinzaine de minutes aux éoliennes. Plus précisément elle a tenté de répondre à la question de savoir pourquoi la Suisse n’arrive pas à construire ses projets éoliens alors que nos voisins y parviennent. On ne trouve pas de réponse à la fin de l’émission sinon que les anti-éoliens sont des gens nuisibles.
Sans parler évidemment de la situation en Allemagne et en France où l’éolien est de plus en plus contesté jusque dans les plus hautes sphères politiques, Serge Enderlin, le journaliste de « Mise au point », prend l’Autriche comme exemple avec ses plus de 3000 éoliennes. Pour ce faire, il s’appuie sur les quelques grosses similitudes de ce pays avec la Suisse : deux tiers de montagnes, nombre d’habitants comparable, lesquels sont surtout situés dans les plaines constituant le tiers restant.
Serge Enderlin donne d’abord la parole aux promoteurs et partisans politiques de l’éolien, sans oublier deux membres du comité de Suisse Eole, le lobby éolien suisse. Il fait ensuite un passage furtif mais appuyé sur une seule opposante fermement campée sur ses positions, censée représenter tous les autres, que l’on comprend évidemment isolés et égoïstes puisqu’ils bloquent les projets suisses en bénéficiant lâchement d’une législation bien trop laxiste.
Puis il va enquêter ensuite à l’Est de Vienne, dans des plaines dont les conditions de vents sont connues pour être particulièrement favorables à l’éolien. Visiblement ravi, il recueille des témoignages enthousiastes parmi les promoteurs et propriétaires directement intéressés par les parcs de la région, par ailleurs largement financés par l’Union européenne. Pas un mot du Tyrol qui est tout comme la Suisse très soucieux de son image touristique et de sa qualité de vie et qui ne comporte pratiquement pas d’éoliennes industrielles, pas un mot des oppositions croissantes à l’éolien autrichien, pas un mot des distances de sécurité qui vont de 1200 à 2000 mètres bref : du travail bâclé et orienté de façon totalement indécente et contraire à la loi sur la radio et la télévision qui exige de « présenter les événements de manière fidèle et permettre au public de se faire sa propre opinion »..
Paysage Libre Suisse et Paysage-Libre Vaud ont rapidement réagit, ont fait une réponse cinglante et documentée et portent plainte auprès de l’autorité de médiation de la RTS.
L’acceptation par les services de Mme de Quattro du projet Bel Coster et le récent jugement du Tribunal cantonal en faveur du projet Sur Grati ne découragent pas SOS JURA. L’association, membre de la fédération Paysage-Libre Vaud, lutte à la fois contre les parcs éoliens de Bel Coster, de Sur Grati et du Mollendruz.
Mieux encore, elle vient d’obtenir contre Bel Coster la confirmation d’une participation active des voisins français de l’association Vivre au pied du Mont d’Or et de la Commune de Jougne qui, avec l’appui des autorités préfectorales, vont défendre le tourisme local en pleine évolution ainsi que leurs sources situées juste sous le parc prévu.
Notre faîtière Paysage Libre Suisse vient de réaliser avec notre aide une visualisation 3D de haute qualité de la quarantaine d’éoliennes industrielles prévues dans la région Chasseron – Creux du Van. Nous vous invitons vivement à la découvrir en cliquant iciet à la faire connaître autour de vous afin de permettre aux gens de se rendre compte des destructions de paysages prévues par les promoteurs, notamment zurichois et genevois, avec l’aide active du canton qui se moque pas mal de son arrière-pays… https://www.youtube.com/watch?v=uYY8nVTZr4U
Vue partielle du film 3D sur la région Chasseron – Creux-du-Van
PS : les films 3D déjà réalisés pour la Suisse se
trouvent sur le site www.windparks.ch on
y retrouve en particulier le film de Bavois.
Ce printemps, la Confédération a lancé deux consultation publiques « Conception énergie éolienne 2019 » et « conception paysage suisse ». La première était réservée à un cercle réduit d’autorités et de groupements d’intérêts. La seconde, quoique d’une moindre importance, est publique et chacun peut y réagir jusqu’au 15 septembre. Paysage-Libre Suisse qui n’avait pas été consulté ni pour l’une ni pour l’autre des consultations a fait sa propre réponse que nous avons approuvée et relayée (texte en allemand seulement).
Le Plateau et le Jura que les technocrates du canton ont classés comme médiocres
En juin dernier, le Conseil d’Etat vaudois à majorité rose-verte a produit une réponse à la consultation „Conception énergie éolienne 2019“. Il a renouvelé évidemment son allégeance à l’OFEN, mais en rajouté une couche émettant des réserves permettant en gros :
d’autoriser la construction de parcs produisant moins de 20 GWh /an,
de faciliter le développement de parcs dans les zones classées (IFP),
de ne pas tenir compte des valeurs du nouvel Atlas des vents dans les procédures futures,
d’autoriser le canton à ne pas compenser les surfaces d’assolement (SDA) comme la loi l’oblige actuellement.
Ben voyons ! cela montre que le gouvernement vaudois, face à l’avalanche d’oppositions et de recours et dans les conditions actuelles, est de moins en moins sûr que son ambitieuse planification éolienne puisse se réaliser. Rappelons-nous les propos tenus naguère par une conseillère d’Etat que l’on pourrait résumer ainsi : « les éoliennes sont nécessaires et nous allons les réaliser. S’il le faut, on changera les règles du jeu ». Nous en avons eu un premier aperçu avec le scandale de La Praz et la décision de passer en force avec les opérations de défrichement à la Vallée de Joux.
Les autorités vaudoises sont majoritairement attirées physiquement et mentalement vers les paysages lacustres et finalement très urbains de la région lémanique* et pensent qu’il en est de même pour les étrangers (pas une photo du Plateau et du Jura sur les pages d’accueil du site Internet du canton).
Celles de Suisse alémanique, au contraire, sont par nature bien plus amoureuses et respectueuses de leurs patrimoines paysagers campagnards dont elles ont compris la valeur inestimable. Il ne reste plus qu’à espérer que ces dernières fassent pencher la balance du bon côté.
*Cette
situation s’explique quasi arithmétiquement par le fait que les deux tiers des
Vaudois habitent ou travaillent sur l’Arc lémanique. Il en va de même pour le
Conseil d’Etat.
Paysage Libre Suisse vient de réaliser avec notre collaboration active un petit film de 3.5 minutes permettant de visualiser le futur parc éolien de Bavois tel qu’il pourrait être selon les données actuelles que les promoteurs veulent bien communiquer. Il a été présenté en public la première fois le 20 juin à Bavois devant 80 personnes médusées en présence du promoteur qui n’a rien trouvé à redire… Vous pouvez le visualiser ici https://www.windparks.ch/ en cliquant sur « Bavois » sur la carte de ce site.
Ce film a été réalisé en prenant pour hypothèse un parc de 5 éoliennes de 230 m de haut, telles qu’elles ont été présentées dans les séances d’information des promoteurs. Notre intention est de réaliser autant de films comparables qu’il en faudra pour les projets éoliens vaudois, avec l’aide bien sûr des associations locales. Pour plus de renseignements : info@plvd.ch
C’est une première : la RTS vient de diffuser une émission « Grand format » qui dans les faits reconnaît l’impasse dans laquelle nous ont plongé les promoteurs éoliens et leurs opportunistes relais politiques. L’amorce d’un tournant ?
La publication en 2016 d’un nouvel Atlas des vents par l’Office Fédéral de l’Energie (OFEN) avait permis au lobby Suisse-Eole de bomber le torse puisque les résultats corroboraient dans l’ensemble les prévisions des promoteurs. Paysage-Libre Vaud avait aussitôt contesté la fiabilité du document, sachant que les profils de vitesse de vent proposés par les promoteurs des projets vaudois avaient très souvent été intégrés aux modélisations, sans vérification.
Beaucoup plus réaliste, la version 2019 de l’Atlas des vents donne raison à Paysage-Libre Vaud : les valeurs des promoteurs sont souvent largement au-dessus de la réalité. Les conséquences peuvent être des productions annuelles inférieures de 20 à 50% aux prévisions. De quoi remettre en cause l’ensemble de la planification éolienne vaudoise.
Le journal 24 Heures a fait sa propre enquête et a publié un bon article très complet qui résume la situation vaudoise.
Notre fédération a pour but de réunir les groupements et les personnes qui s’engagent pour la préservation des zones menacées dans le canton de Vaud, notamment par les atteintes des éoliennes industrielles.
Il s’agit évidemment de protéger les paysages mais aussi les humains, la nature (en particulier à la faune et à la flore), de coordonner les activités de lutte et de mener des actions au niveau cantonal.
Plus concrètement :
soutenir les associations et les membres en les appuyant politiquement et techniquement,
favoriser la création de nouvelles associations, chaque fois qu’un projet se prépare,
intervenir politiquement et médiatiquement au plan cantonal
Depuis 2013, les responsables de PLVD consacrent bénévolement beaucoup de temps à maîtriser leurs dossiers et honorer leur engagement dans le terrain. Ils sont très actifs et motivés mais afin d’assurer la continuité de notre combat, il devient désormais crucial de renforcer leur nombre. Il en va de même pour les membres individuels qui assurent aujourd’hui par leurs cotisations et leurs dons l’essentiel de nos moyens.
Un récent communiqué de Paysage Libre Suisse nous apprend que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) vient de publier des lignes directrices pour l’Europe qui rendent totalement obsolètes les normes actuellement valables en Suisse. Les promoteurs qui se réfugient sans cesse derrière les normes de l’OPB perdent un énorme argument de plus…
Simulation contestée du bruit des éoliennes au Chalet-à-Gobet en novembre 2016
« L’OMS vient de publier ses lignes directrices sur le bruit ambiant en Europe. Le bruit des éoliennes est désormais traité par l’agence mondiale de la santé au même titre que le bruit des routes, des trains, de l’aviation et des loisirs.
L’OMS formule une demande claire : les émissions sonores des éoliennes doivent être limitées à moins de 45 dB pendant la journée. Au-delà de ce niveau, le bruit est nocif pour la santé. En Suisse, la plupart des éoliennes sont prévues en zone agricole, où la valeur limite pour les habitants selon l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) est trois fois plus bruyante pendant la journée avec 60 dB. Par conséquent, les éoliennes en Suisse peuvent être beaucoup plus bruyantes (15 dB) que ne le recommande l’OMS. Édictée en 1986, l’OPB est totalement obsolète… »
Depuis 2013, les responsables de PLVD consacrent bénévolement beaucoup de temps à maîtriser leurs dossiers et honorer leur engagement dans le terrain. Ils sont très actifs et motivés mais afin d’assurer la continuité de notre combat, il devient désormais crucial de renforcer leur nombre. Il en va de même pour les membres individuels qui assurent aujourd’hui par leurs cotisations et leurs dons l’essentiel de nos moyens.