Suisse Eole affirme que le fait que les deux tiers de la production éolienne a lieu pendant l’hiver. C’est faux : la moyenne de production hivernale n’est que de 58% de la production annuelle.
Suisse Eole fait pression pour que l’énergie éolienne obtienne un statut « prioritaire » par rapport aux autres énergies. Elle revendique ce statut en raison de son importance soi-disant essentielle dans l’approvisionnement hivernal, période où elles produisent le plus et où l’on a besoin de plus d’électricité. Apparemment c’est vrai, mais quelques réalités démolissent complètement ce raisonnement :

- En hiver, les régimes de vents sont généralement les mêmes sur toute l’Europe de l’Ouest.
- Donc, quand il y a du vent, toutes les éoliennes européennes produisent en même temps et il est fréquent qu’il y ait surabondance de vent.
- Cette surabondance fait parfois baisser les prix du marché jusque à les rendre négatifs. Dans ces cas-là, la valeur économique du courant éolien est donc nulle ou presque.
- Mais quand il n’y a que peu ou pas de vent, presque toutes les éoliennes sont aussi affectées et il y a pénurie de courant d’origine éolienne (voir le schéma ci-dessus).
- En Suisse, cette dernière situation qui n’est pas rare, contraint de recourir à des sources d’électricité étrangères (nucléaire français, charbon allemand, etc.). Jusqu’à quand si les pays qui nous entourent suppriment le nucléaire et le charbon ?
- Rajouter des éoliennes en Suisse ne fait qu’amplifier le problème et coûte cher : le courant éolien est acheté par Swissgrid au tarif de 20 ct/kWh garanti par la RPC, mais il n’est revendu que pour quelques centimes. La différence va dans la poche des sociétés propriétaires des éoliennes.
- Il vaut donc mieux investir dans des soutiens à la grande et moyenne hydraulique qui peut parfois remplir ses bassins quand les prix sont très bas et produire du courant lorsqu’ils sont élevés. Cette stratégie rendrait service aussi à nos voisins.